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Shanghai, le nouveau rêve des Taiwanaises

01/04/2007
Débarrassées des soucis du ménage grâce à une domestique locale, ces Taiwanaises « au foyer » s'occupent en faisant des travaux d'aiguille.
Les femmes de Shanghai sont connues pour leur chic et leur intelligence. Dans la grande métropole chinoise, où résident quelque 500 000 insulaires, estime-t-on, les Taiwanaises occupent de plus en plus le devant de la scène, qu'elles aillent y chercher du travail ou qu'elles y accompagnent leur époux.

En octobre dernier, le soleil répandait encore ses chauds rayons sur la cité chinoise, et les platanes étaient toujours couverts de feuilles vertes. On ne sentait pas le moindre souffle d'automne dans l'air. Dans la longue file d'attente pour un taxi à l'aéroport international de Pudong, dans la périphérie de Shanghai, une foule de gens venus des quatre coins du pays ou du monde s'impatientaient.

Parmi eux, beaucoup de Taiwanais qui vont se plonger dans cette ville trépidante, dynamique et fascinante. Toute cette animation ne fait qu'exciter la curiosité : qu'est-ce qui peut bien les pousser, et plus particulièrement les Taiwanaises, à partir pour Shanghai ?

En général, célibataires et femmes mariées ont des motivations différentes. Les premières viennent d'elles-mêmes pour se faire une nouvelle vie ; les secondes ont souvent abandonné un emploi dans l'île pour suivre, en bonne épouse et mère de famille, leur conjoint muté en Chine.

La jeune femme taiwanaise

« J'ai mis le pied à Shanghai pour la première fois le 24 novembre 1999. » Comme beaucoup de Taiwanaises, Tiffany Tien [田蕙慈], rédactrice en chef de Shanghai Realty Information , se rappelle exactement le jour où elle a « débarqué ». « En regardant le Hyatt Regency et la tour Jinmao, dans le district de Xiao Lujiazui, avec leurs 70 ou 80 étages, j'ai eu un choc », dit-elle. Elle s'est aussitôt intégrée à la ville débordant d'activité, estimant que Shanghai avait un potentiel illimité.

Tiffany Tien a suivi son patron pour travailler dans les relations publiques, le marketing et la rédaction pendant 8 ans. A 30 ans, elle est aujourd'hui en charge de tout un département, où non seulement elle dirige de jeunes rédacteurs shanghaiens, mais elle reste aussi calme avec les inspecteurs envoyés par la maison mère et ne se laisse pas plus intimider en présentant ses rapports qu'en trinquant un verre avec eux.

Maintenant qu'elle vit dans cette ville, Tiffany Tien est dans son élément. Dans son comportement même, dans sa façon de parler ou de s'exprimer, elle a tout de la Shanghaienne futée. « Le patron dit en plaisantant que je n'ai pas appris grand-chose, sauf à devenir une vraie Shanghaienne », éclate-t-elle de rire.

Cherchons un créneau

Ce n'est certainement pas toutes les Taiwanaises qui peuvent s'intégrer comme l'a fait Tiffany Tien. Pour la plupart, les dilemmes et les défis sont nombreux.

Erica Liao [廖玫齊], qui est assez discrète sur son âge, est venue en Chine il y a deux ans pour explorer la situation. En juin 2006, elle y a inauguré la maison de thé Chun Shui Tang. Les cheveux coupés courts, cette « chef de projet » dirige une douzaine d'employés, mais elle a conservé la nature réservée et aimable de la Taiwanaise. Elle ne cache pas qu'elle préfère garder ses dis tances avec la métropole la plus dynamique de Chine. « J'ai beaucoup de mal à m'habituer à la différence de mentalité », dit-elle. Même la nourriture ne la satisfait pas vraiment. « Il est évident qu'on est loin du "passable", mais tout le monde prétend le contraire », ajoute-t-elle. L'approche nonchalante qu'elle perçoit partout la ferait presque hurler. Malgré tout, les Taiwanaises considèrent en général que travailler à Shanghai est une opportunité rare d'élargir leurs horizons.

Tang Shun-ling [唐舜鈴], qui travaillait depuis dix ans chez Ling Yueh Software Company à Taiwan, traversait une période où tout était devenu monotone. Sa société, qui projetait de s'implanter en Chine, l'a envoyée en mars 2005 établir une succursale à Shang hai et développer sur place ses activités d'informatisation industrielle. « J'ai alors eu envie d'explorer l'ensemble du marché mondial, dit Tang Shun-ling qui vient d'avoir la trentaine. Le patron a financé mon projet afin que je revienne avec une nouvelle expérience... »

Les Taiwanaises vont travailler en Chine dans tous les secteurs - restauration, informatique et industries de service. Et la tendance est de plus en plus forte.

La première condition pour chercher un emploi à l'étranger est la volonté de réussir. Selon un sondage réalisé en mai 2006 par l'agence insulaire de recrutement en ligne 104 Job Bank et le magazine Business Today auprès de Taiwanaises ayant une activité professionnelle, 37,4% d'entre elles aimeraient travailler en Chine, une tendance en nette augmentation par rapport aux 17,6% qui répondaient ainsi à la fin de 2004. Par ailleurs, on note une corrélation directe entre le désir de partir en Chine et le niveau d'instruction. La proportion des détentrices d'un mastère ou d'un doctorat voulant faire carrière sur le continent est de 55,3%.

Monica Chiu [邱文仁], directrice du marketing à 104 Job Bank, explique que ce phénomène provient du fait que la Chine est devenue un point de ralliement des élites du monde. Outre les firmes insulaires, celles d'autres pays aiment aussi embaucher des cadres venant de Hongkong et de Taiwan pour pénétrer sur le marché chinois.

« Les institutions financières présentes là-bas, telles que les banques multinationales CitiBank, Standard Chartered et HSBC [Hong Kong and Shanghai Banking Corporation], ont des effectifs principalement composés d'insulaires », observe Tiffany Tien, ajoutant que les Taiwanais sont maintenant si nombreux à Shanghai que cela n'est plus considéré comme un avantage. En revanche, les Taiwanaises sont moins nombreuses que leurs compatriotes de l'autre sexe.

Les tribulations des mères de famille

Il y a 5 ans, Teng Yung-hsiang [鄧咏湘], l'épouse d'un entrepreneur insulaire, a décidé de le suivre de l'autre côté du détroit. Au début, la famille était écartelée, le mari, à Shanghai, la femme et les enfants, à Taiwan. « Prenant rarement des vacances pour revenir à Taiwan, mon époux était mécontent du comportement des enfants, et les liens entre eux se défaisaient au fil des jours », dit Teng Yung-hsiang. Ce fut une raison suffisante pour elle de renoncer à un salaire élevé et à un poste de direction et de partir pour Shanghai avec ses deux enfants. La plupart des Taiwanaises qui abandonnent ainsi leur emploi insulaire pour rejoindre Shanghai ont des difficultés pour trouver du travail là-bas. Il n'y a pas assez de postes pour elles dans les entreprises taiwanaises sur l'autre rive, et les salaires ne sont pas assez élevés dans les sociétés chinoises. Mais il y en a qui, avec leur époux, créent une petite affaire.

David Kao [高家偉], le mari de Macoto Tseng [曾惠真], occupait auparavant un poste de directeur à Chiu Ying Han Japanese Institute, à Shang hai. Il y a 3 ans, le couple a décidé de créer sa propre entreprise, le Centre international de langues EET, avec des classes à Pudong, à Xujiahui et à Hongjiao, où sont principalement enseignés l'anglais et le japonais. Macoto Tseng, directrice, s'occupe du développement de l'école. Elle souligne que le siège social de leur centre se tient dans le World Plaza à Pudong. Il y a 3 ans, EET était le seul sur le marché, et, aujourd'hui, il y a 5 écoles de langues du même type. La compétition est féroce.

Il arrive aussi que la Taiwanaise devienne le soutien de famille. Huang Min-tsung [黃民宗] et sa femme Lin Yu-hsuan [林郁諠], âgés de la trentaine, ont débarqué en octobre 2005 à Shanghai avec leur fillette de 2 ans pour entamer une seconde carrière professionnelle. Le lendemain de leur arrivée, on leur a dérobé à la gare tout l'argent qu'ils portaient sur eux et leurs cartes de crédit. Heureusement, l'hôtelier chez qui ils logeaient était un Taiwanais, qui leur prêta aussitôt 5 000 yuans chinois, de quoi résoudre les problèmes les plus urgents.

« Percer à Taiwan n'est pas facile », dit Huang Min-tsung, qui a travaillé comme agent immobilier dans l'île et, en raison du marasme du marché insulaire, a perdu par deux fois son emploi. Lin Yu-hsuan, infirmière de formation, avait quitté son emploi pour s'occuper de leur enfant. Encouragés par des membres de leur famille et les conseils d'un numérologue, ils sont allés tenter leur chance à Shanghai.

« Nous sommes venus ensemble pour éviter d'avoir par la suite des problèmes familiaux », précise Lin Yu-hsuan. Après six mois d'exploration du marché, Lin Yu-hsuan a ouvert, il y a 3 mois, un salon de beauté, Rejuvenation Beauty Salon, dans le district de Gubei, où habitent de nombreux Taiwanais.

Son mari, Huang Min-tsung, s'occupe de sa fille : à lui de faire les bouillies et de changer les couches ! Bien que cela ne dure que depuis un an, il est déjà l'archétype de ce que la critique et essayiste Lung Ying-tai [龍應台] appelle l'« homme de Shanghai ».

Etabli dans cette métropole, le couple a voulu s'intégrer à la société chinoise, mais n'a pas pu en franchir le seuil. « Peut-être est-ce dû à la barrière de la langue , suggère Huang Min-tsung, qui ne parle pas le dialecte local. En tout cas, nous n'avons pas réussi à nous faire des amis parmi les Shanghaiens. »

Après la retraite
Lorsque l'épouse reste à Taiwan pour sa carrière ou pour l'éducation des enfants, une chance se présente pour le couple de vivre à nouveau ensemble, quand la femme prend sa retraite ou que les enfants sont adultes.

Le mari de Yu Chieh-ying [于潔瑛] occupe un poste de direction dans une entreprise électronique. Ce n'est pas avant de prendre sa retraite en 2005 du groupe Fubon Financial que Yu Chieh-ying a rejoint son époux, laissant son deuxième fils à Taiwan pour qu'il y termine ses études.

Shanghai, dit-elle, est un « paradis de la solitude ». « Je suis presque tout le temps pendue au téléphone », s'attriste-t-elle. Elle a acheté un pied-à-terre à Pudong, un quartier qui est assez éloigné du centre ville et qui n'est pas desservi par le métro. Le jeudi, Yu Chieh-ying prend le taxi pour aller suivre des cours d'ikébana dans l'avenue Huaihai.

L'époux de Yang Yu-chuan [楊玉娟], un Taiwanais, est un négociant en bois qui travaille en Chine depuis 20 ans. Au départ, la famille a vécu séparée de part et d'autre du détroit de Taiwan. Il y a deux ans, Yang Yu-chuan est partie avec son fils à Shanghai où il a été admis dans un lycée chinois.

Pendant plus de dix ans, les deux époux ont passé très peu de temps ensemble, mais maintenant Yang Yu-chuan vit autant que possible auprès de son mari, dans la mesure où celui-ci, très occupé et voyageant régulièrement à travers le monde, ne se trouve à Shanghai que pour de courtes périodes. « Mon époux apprécie beaucoup que je sois à ses côtés et regrette que nous soyons restés éloignés si longtemps », dit-elle.

Les maîtresses

« Nous sommes arrivés bien déterminés à garder notre famille intacte, alors qu'un mariage sur deux finit par une séparation , dit Chang E [嫦娥] (un nom d'emprunt), la femme d'un homme d'affaires taiwanais installé en Chine. A Taiwan, l'opinion des parents et des amis est importante, alors qu'à Shanghai, c'est différent. Si on veut divorcer, eh bien, on divorce ; et personne n'en saura rien. »

Dans le passé, il était courant que les hommes d'affaires taiwanais travaillant en Chine aient une maîtresse, la plupart invoquant leur solitude. Ces dernières années, pour éviter ce genre de situation, de plus en plus de Taiwanaises ont préféré suivre leur époux sur le continent. Malgré tout, les hommes seuls ne le restent pas longtemps.

Chang E cite un exemple parmi d'autres. Une compatriote était revenue à Taiwan avec son enfant pour y passer les fêtes de Nouvel An chinois. Quand elle est rentrée à Shanghai, elle a trouvé à sa place une jeune Shanghaienne accompagnée d'un enfant. La Taiwanaise accepta néanmoins de laisser sa concurrente vivre sous son toit. Au bout d'un an, celle qui déménagea tout d'un coup ne fut pas la Shanghaienne mais bien l'épouse insulaire.

« Cette Taiwanaise vit toujours à Shanghai, car elle perdrait la face en revenant dans l'île », commente Chang E.

La nostalgie de la cuisine taiwanaise

Outre les pressions au travail et la crainte que leur mari ait une liaison extramaritale, il reste enormément de choses auxquelles les Taiwanaises ont du mal à s'habituer.

« Les Shanghaiens appellent les insulaires les "paysans taiwanais" », explique Erica Liao. Beaucoup de nouveaux riches dans cette ville regardent avec dédain ceux qui viennent d'ailleurs et les préjugés envers les Taiwanais abondent.

« Quand je suis arrivée, je m'énervais tous les jours , se souvient Tiffany Tien, qui n'apprécie pas l'ambiance de la métropole chinoise. Dans le métro, on vous passe tout le temps devant ; pour héler un taxi, il faut toujours se battre, et, sur le trottoir, on est sans arrêt bousculé, mais on n'entend jamais un mot d'excuse. »

Question niveau de vie aussi, il y a un grand fossé. Certes, on peut se nourrir pour 3 yuans chinois, mais un repas de qualité dépasse les 300 yuans. Et ce dont les insulaires n'arrivent pas à se passer, c'est la cuisine de leur île. D'une manière générale, le coût de la vie à Shanghai est cependant moins élevé qu'à Taiwan.

La domestique mène la maison

Pour les dames taiwanaises, le grand avantage lorsqu'on habite à Shanghai, c'est qu'il est facile de recruter une jeune domestique, appelée ayi (littéralement « petite tante »), pour faire le ménage et la cuisine. Presque toutes les familles en ont une qui vient 4 h par jour pour un salaire mensuel de 800 à 1 000 yuans.

Toutefois, chaque Taiwanaise a ses propres idées quant aux critères de sélection d'une domestique. « En aucun cas, la bonne ne doit venir du Fujian, insiste par exemple Shih Shu-nu [施淑女], sinon les murs auraient des oreilles. » Quand les Taiwanais veulent garder un secret, ils se parlent en effet en taiwanais (ou minnan, un dialecte du sud du Fujian). Si la domestique est du Fujian, plus possible de recourir à ce petit truc.

Les Taiwanais, entrepreneurs ou employés, travaillent de l'aube au crépuscule, tandis que leurs épouses, aidées par une domestique pour les travaux du ménage, occupent leur temps de façons diverses. Prenons Chang E, par exemple. Le lundi, elle prend des cours de danse de salon. Le mardi, ce sont les cours de flamenco, puis, du mercredi au vendredi, elle retrouve les webmestres du site du Club des taima (comme s'appellent elles-mêmes les mamans taiwanaises installées en Chine). Le vendredi soir, elle joue au squash ou va à la piscine avec des amis. Chaque mois, il y a un grand « chat » des membres du club. Chang E est trop occupée pour avoir du vague à l'âme.

« La vie d'une Taiwanaise qui suit son mari à Shanghai est beaucoup plus douce que dans l'île, dit Chang E, qui compare souvent la sienne avec celle de sa sœur cadette restée à Taiwan. Ma sœur qui travaille et en plus s'occupe de la maison est exténuée. » Elle estime pour sa part avoir beaucoup de chance. Certaines expatriées insulaires n'ayant rien à faire se sont tournées vers l'immobilier. « Il y a quelques semaines, des Taiwanaises qui spéculent sur des valeurs immobilières ont réalisé un gros bénéfice à Shangzhijiao [un quartier résidentiel bien coté] », illustre Tiffany Tien.

La plupart des Taiwanaises, célibataires ou mariées, se sont peu fait d'amies dans la société chinoise. Pour cette raison, le Club des épouses et jeunes femmes de Taiwan et le Club des taima sont devenus leurs canaux de communication. De plus, grâce à l'Internet, le contact avec l'île natale est commode.

Le site du Club des taima, monté par un entrepreneur taiwanais, Su Wu [蘇武] (un nom d'emprunt) et son épouse Chang E, compte plus de 4 000 membres (abonnés), et chaque jour, un bon millier de Taiwanaises surfent sur le site ou échangent des informations et des idées. Le Blog des mères et filles de Taiwan, créé en septembre 2005 par David Kao et son épouse Macoto Tseng, compte déjà plus de 700 abonnés. Il est intéressant de voir que le site possède aussi son « marché aux puces » où il y a toujours quelqu'un qui met en vente quelques bricoles avant de rentrer dans l'île.

Un point de non-retour

Le chemin de Shanghai est souvent sans retour. Pour la plupart des jeunes Taiwanaises, même si elles n'ont pas de problèmes avec un mari ou des enfants, leur préoccupation est souvent le mariage. En raison des différences sur le plan du niveau de vie et du système de valeurs, elles sont peu enclines à nouer une relation avec un Shanghaien, et les romances à longue distance avec des Taiwanais restés dans l'île sont difficiles à entretenir.

« Il y a quelque temps, j'ai pensé à demander mon retour à Taiwan », dit Tiffany Tien. D'une part, elle était trop absorbée par son boulot à Shanghai, de l'autre, son ami à Taiwan désirait qu'elle revienne près de lui. Cependant, après mûre réflexion, elle réalisa qu'elle ne retrouverait probablement pas le même niveau de responsabilité. Aussi se ravisa-t-elle.

« J'ai déjà pris mon parti de rester plus longtemps », avoue aussi Erica Liao. Le marché intérieur taiwanais est trop petit, ce qui en limite le développement. Il y a plus d'opportunités à Shanghai. Quant au mariage... eh bien, les choses se feront naturellement !

Un sondage de 104 Job Bank révèle que, pour les Taiwanaises qui travaillent les objectifs prioritaires sont, dans cet ordre, le travail, l'argent et la famille. L'accomplissement personnel et le statut social ont depuis longtemps dépassé l'amour et l'union matrimoniale. Quand elles débarquent à Shanghai, elles peuvent éprouver parfois le mal du pays et sont impatientes de prendre quelques congés pour rentrer dans l'île. Mais le vol à l'aller et au retour prend deux journées entières. Petit à petit, elles se font à l'idée de voyager et de passer leurs vacances en Chine, et à ne plus revenir dans l'île. Ainsi, l'an dernier, pour les longues vacances de la fête nationale chinoise, Erica Liao et sa compatriote Tang Shun-ling ont décidé d'aller en Mongolie intérieure : un voyage de 5 jours qui les a comblées.

« Pour les Taiwanaises, Shanghai est aussi un point de non-retour professionnel ou familial », affirme Chang E. Beaucoup de Taiwanaises mariées abandonnent souvent leur carrière dans l'île et, emmenant leur enfants, deviennent des femmes au foyer. Mais c'est parfois une décision risquée. L'époux patron pourra toujours décider de rester sur place, mais employé dans une firme insulaire, il y aura tôt ou tard la déchirante décision de quitter Shanghai, s'il est à nouveau muté ailleurs, à moins de rester en abandonnant ses fonctions.

Quelques directeurs taiwanais ont emmené leur famille à Shanghai et, peu de temps après, ont été remutés à Taiwan. Bizarrement, l'épouse décide parfois de rester avec les enfants dans la métropole chinoise. Il y a encore ceux qui ont été envoyés à Shanghai, puis déplacés à Pékin ou à Chengdu, mais leur femme a préféré continuer à vivre à Shanghai, avec les enfants. Alors c'est le mari qui revient fréquemment les voir.

Le rêve des Taiwanaises à Shanghai? Cela dépend de chacune. Il y a à gagner et à perdre, et le plus souvent c'est un tableau en demi-teinte, qui, en toute honnêteté, est bien difficile à décrire. ■

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